Ralliements en Poitou-charentes "le Pourquoi"
Pourquoi?
Il y a, dans le n°35 de la Revue Socialiste
(3ème trimestre 2009) un dossier « A propos de...La
société des socialistes » , un ouvrage paru en 2006 dans lequel les auteurs, Rémi Lefebvre et
Frédéric Sawicki, entendent démontrer « que depuis la fin des années 1980, le PS est un parti
vieillissant, coupé de ses bases populaires, mais aussi des réseaux qui traditionnellement
l'irriguaient et l'approvisionnaient en militants...Qu'il est devenu un parti d'élus locaux plus soucieux
de préserver leur implantation territoriale que de conquérir le pouvoir national, ou du moins de
contribuer à bâtir un nouveau projet politique et à animer le vie du parti....Un processus de
professionnalisation généralisée est à l'oeuvre au PS qui contribue à son repli sur lui-même ».
C'est une analyse que nous partageons avec beaucoup d'autres militants et d'autres
dirigeants. C'est une situation que nous avons longtemps et opiniâtrement essayé de combattre ou au moins de modifier de l'intérieur.
Aujourd'hui, sereinement, nous renonçons... Nous pensons que le PS s'est durablement
installé dans un processus de fossilisation. Les hommes ne sont pas en cause. Ni les élus lorsqu'ils
savent conduire des politiques de justice sociale, de solidarité et de progrès, ni encore moins les
militants sincèrement attachés aux valeurs du socialisme historique mais trop souvent fatalistes face à l'ampleur de la rénovation à accomplir.
La crise, dont nous avons dit lors du Congrès de Reims, au travers de motions que nous
avons soutenues, qu'elle traduisait toutes les limites et les dérives du capitalisme dans son acception globale et pas seulement financière, n'a finalement pas créé l'électrochoc salutaire au coeur du malade socialiste Nous nous désolons de constater que l'ensemble de la classe politique dirigeante, dont le PS, entend faire oublier ce débat. Circulez, il n'y a plus rien à voir! Laissez nous gérer en paix! Alors que rien ne semble réglé, surtout pour les plus fragilisés de notre société.
Qu'on nous entende bien, nous n'avons pas plus que d'autres les solutions mais nous refusons
la résignation et nous affirmons deux choses:
1. nous devons utiliser tous les moyens de l'intelligence humaine pour que la société dans son
ensemble se saisisse, s'imprègne de la nature même de la crise, qu'elle arrête de la subir et se
révolte contre la régression sociale organisée;
2. nous savons qu'il est temps de renouveler le personnel politique, d'amener en responsabilité
des hommes et des femmes libres de toute tentation hégémonique parce que réellement porteurs
d'un projet collectivement élaboré et démocratiquement contrôlé.
Pourquoi cette démarche aujourd'hui? Pourquoi en Charente? Pourquoi en Poitou- Charentes? Pourquoi à la veille d'une élection? Pourquoi dans un contexte tellement favorable à la
formation politique que nous quittons? Sûrement pas par masochisme. Sûrement pas par dépit.
Nous n'avons, ni l'un ni l'autre, de goût pour le sacrifice ni de besoin de reconnaissance.
Mais c'est parce que le contexte local paraît être l'archétype d'une situation orientée vers une
dérive du renoncement au prétexte que les nôtres sont aux manettes et que, peu ou prou, ils ne les tiennent pas trop mal, (mais qu'y-a-t-il de plus normal à ce que les bilans soient considérés comme bons?) que justement nous pensons qu'il est temps de secouer le cocotier. Nous souhaitons que le critère de jugement ne soit plus celui du monde libéral. Même teintée d'écologie, l'action des socialistes reste dans le domaine de l'idéologie dominante, qui ne remet pas en cause les dogmes du marché et de la financiarisation de la société même et y compris dans ses applications locales. La dérive centriste qui ne titille pas que la Présidente de la Région, est la manifestation la plus visible de la dérive doctrinale qui conduit à laisser au bord du chemin ceux dont nous devrions être les porte voix. Nous avons cette ambition, avec d'autres, de participer à corriger la trajectoire. Et pour le 1 er tour des régionales en Poitou-Charentes nous avons décidé de soutenir la liste du Front de Gauche emmenée par Gisèle Jean, nous vous invitons à faire le même choix.
Jean Michel Nivet
jean.michel.nivet@wanadoo.fr
Jacques Vian
jacques.vian@orange.fr