Lettre à Cecile Duflot
A l’attention de : Cécile Duflot
Secrétaire nationale Europe Ecologie –
les Verts
Paris le 11 novembre
Madame la Secrétaire nationale, Chère Cécile
Comme tu le verras dans le communiqué de presse nous réagissons solennellement aux propos de
Daniel Cohn Bendit ce matin sur RTL à propos de Jean-Luc Mélenchon
: "Quand on voit son livre, ce
qu’il dit sur l’Allemagne, quand il parle de la "grande France", ce qu’il dit sur les boches, c’est
insoutenable, intolérable ».
Puis plus loin : Jean-Luc Mélenchon
"va même labourer sur les terres du
Front national".
Peut-être as-tu déjà lu le livre de Jean-Luc. En tout état de cause, notre communiqué indique quelques
éléments qui montrent que non seulement Daniel Cohn Bendit nous insulte avec cette assimilation,
mais en plus il ment pour justifier sa déclaration !
Le débat est sain en politique. Même entre partis de gauche, il peut être parfois vigoureux. Mais vis-àvis
de Jean-Luc et donc des militants de notre parti il prend depuis quelques temps des tournures
nauséabondes. Comparer le Front national, dont le président a été condamné pour des propos
négationnistes, avec un parti de gauche, écologiste et républicain attaché aux principes de liberté,
d’égalité et de fraternité, c’est aussi relativiser le danger que constituent les actes et idéologies du
premier. Cette façon de procéder est aussi une manière d’appauvrir le débat démocratique en tentant
de disqualifier par avance la parole de l’autre au lieu d’argumenter sur le fond sur d’éventuels
désaccords. C’est très éloigné de toute idée de faire de la politique autrement et cela ne respecte pas les
citoyennes et citoyens.
Nous souhaitions donc, Cécile, protester vigoureusement contre ces propos insultants vis-à-vis de
notre Président et donc de tous les militants et militantes de notre parti. Comme notre communiqué
l’indique, nous t’interpellons sur cette déclaration de Daniel Cohn Bendit. Nous sommes persuadés
que tu ne partages pas ce type de déclaration mais ce propos est si grave que nous espérons une
réaction de ta part au nom des tiens.
Dans cette attente, acceptes, chère Cécile, nos plus fraternelles salutations.
Eric Coquerel
Secrétaire national en charge des relations unitaires